Deux barrières, deux rôles
La barrière de coupon commande le revenu. Au-dessus, le coupon de la période est versé ; en dessous, il est suspendu, et mis en réserve s’il y a effet mémoire. Elle se situe généralement entre 50 % et 70 %.
La barrière de capital, ou barrière de protection, commande le remboursement du nominal. Elle se situe souvent entre 40 % et 60 % et, sur le marché français, se constate le plus souvent à la seule date d’échéance. C’est elle, et elle seule, qui détermine le risque de perte.
Européenne ou américaine : la question décisive
Deux barrières au même niveau peuvent présenter des risques radicalement différents selon leur mode de constatation.
| Barrière européenne | Barrière américaine | |
|---|---|---|
| Constatation | Une seule fois, à l’échéance | En continu, chaque séance |
| Passage sous le seuil | Sans conséquence s’il est remonté | Protection détruite définitivement |
| Risque relatif | Nettement plus faible | Nettement plus élevé |
| Fréquence en France | Très majoritaire | Minoritaire |
Illustration : une barrière américaine à 65 % sur huit ans peut être détruite par une seule séance de panique, même si le sous-jacent termine à 110 %. La même barrière en version européenne n’aurait eu aucun effet.
La quasi-totalité des produits distribués en France retient le format européen — mais la vérification prend dix secondes dans le document d’informations clés, et elle change l’appréciation du risque.
L’effet de seuil, et comment on le corrige
Juste au-dessus de la barrière, vous récupérez tout. Juste en dessous, vous perdez l’intégralité de la baisse. Cette discontinuité est le défaut structurel des barrières sèches.
| Sous-jacent final | Barrière sèche 60 % | Avec airbag 60 % |
|---|---|---|
| 61 % | 100 % remboursé | 100 % remboursé |
| 59 % | 59 % — perte de 41 % | 98 % — perte de 2 % |
| 45 % | 45 % — perte de 55 % | 75 % — perte de 25 % |
| 30 % | 30 % — perte de 70 % | 50 % — perte de 50 % |
Le mécanisme airbag recalcule la perte depuis la barrière et non depuis le niveau initial : la baisse constatée est divisée par le niveau de barrière. La perte devient progressive au lieu d’être brutale. Elle ne disparaît pas pour autant, comme le montre la dernière ligne.
Le coupon d’une structure avec airbag est inférieur d’environ deux points à celui d’une structure sèche équivalente : c’est le prix de l’amortisseur.
Quel niveau de barrière viser
Il n’existe pas de bon niveau dans l’absolu : il existe un bon rapport entre la profondeur de la barrière et le coupon obtenu.
Un principe aide à trancher : à coupon comparable, préférer systématiquement la barrière la plus profonde. Et à barrière comparable, examiner d’abord le mode de constatation, ensuite seulement le coupon.
Un produit à 8,5 % avec barrière européenne à 40 % est souvent préférable à un produit à 11 % avec barrière à 70 % — même si le second se vend mieux. Le comparateur permet de filtrer précisément sur ce critère.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la barrière de protection d’un produit structuré ?
C’est le niveau du sous-jacent en dessous duquel le capital n’est plus intégralement remboursé à l’échéance. Au-dessus, l’investisseur récupère 100 % du nominal même si le sous-jacent a baissé ; en dessous, il subit la baisse constatée depuis le niveau initial.
Quelle différence entre barrière européenne et américaine ?
Une barrière européenne n’est constatée qu’une fois, à l’échéance : le sous-jacent peut passer sous le seuil en cours de vie sans conséquence. Une barrière américaine est constatée à chaque séance : un seul franchissement, même intrajournalier, détruit définitivement la protection.